Vendredi 14 septembre 2012 tagJEUNESSE | Emploi

Discours de Valérie Fourneyron à Rennes sur le thème de la jeunesse

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"J’ai souhaité m’exprimer aujourd’hui pour vous présenter l’action que je mène en matière de jeunesse."

Monsieur le Maire,
Monsieur le Président de la Région,
Madame la Vice-Présidente,
Madame, Monsieur,

J’ai souhaité m’exprimer aujourd’hui pour vous présenter l’action que je mène en matière de jeunesse.

La jeunesse est en souffrance.

Chaque année, les statistiques nous rappellent la réalité : 150 000 à 200 000 jeunes sortent du système éducatif sans aucun diplôme.

Le taux de chômage est trop élevé (22,7% contre 9,7% pour l’ensemble de la population). L’accès au logement est subordonné à des conditions économiques impossibles à remplir.
La couverture santé est de moins en moins bonne. La liste est longue ! Derrière chacun de ces chiffres, il y a des jeunes hommes et des jeunes femmes qui vivent un début de vie autonome dans des conditions très délicates pour la construction d’une vie stable. Ces données cachent des situations graves.

L'Observatoire des inégalités l’indique. Les moins de trente ans sont les plus touchés par la pauvreté :

1 jeune sur 10 contre 7,5 % de l’ensemble de la population.
Les moins de trente ans représentent ainsi la moitié des personnes pauvres, 2,28 millions d’individus.
Le diagnostic n’est pas nouveau. Il existe depuis une bonnedizaine d’années. Ce qui change c’est la volonté du gouvernement d’agir. Nous sommes en droit de nous interroger sur l’action de mes très
nombreux prédécesseurs (7 ministres ou secrétaires d’Etat en 10 ans).

Ce qui a changé, c’est la volonté du gouvernement de sortir de cette instabilité et de la politique de la girouette. Le Président de la République a fait de la jeunesse la priorité de son quinquennat. Au nom de tous mes collègues ministres, je peux vous affirmer que nous sommes, aux côtés du Premier ministre, mobilisés pour atteindre cet objectif.

La jeunesse au coeur des premières mesures

Dès notre entrée en fonction et sans attendre, nous nous sommes mobilisés. Les premières mesures concernent très directement la jeunesse.

- Le premier texte débattu à l’Assemblée nationale concerne les emplois d’avenir. Ils sont destinés aux jeunes les plus éloignés de l’emploi avec un volet de formation et d’accompagnement important. 150 000 jeunes sont directement concernés. Pour l’emploi, d’autres mesures sont en débat avec les partenaires sociaux, comme les contrats de génération, la sécurisation des parcours professionnels.

- Les mesures prises par le ministère en charge du logement visent tout particulièrement les jeunes avec l'encadrement des loyers, la volonté de construire davantage de logements et le cautionnement solidaire.

- Le choix de miser sur l'éducation et notamment l'Education nationale est essentiel pour la jeunesse : création de postes, mise en place d'une réelle formation des enseignants.

- Emploi, Logement, Education, voici les réponses à l'urgence.

Au-delà de la réponse à l’urgence, engager les réformes structurelles

Agir dans l’urgence ne suffit pas. Notre ambition va au-delà : nous voulons que les jeunes vivent mieux en 2017 qu’en 2012. C'est-à dire que la situation très concrète des jeunes en matière de santé, d’emploi, de logement, d’autonomie soit meilleure dans cinq ans.

Pour cela, nous sommes prêts à accélérer les réformes :

- En mettant fin au millefeuille des dispositifs existants, à la juxtaposition de politiques publiques dans laquelle personne ne se repère : ni les jeunes, ni les familles, ni les professionnels ;

- En nous attaquant à la question de l’accès aux droits sociaux auxquels les jeunes n'ont pas accès ou n'ont pas recours ;

- En changeant l'image que nous avons des jeunes, insouciants, un peu dilettantes, quand leur réalité se rapproche plus de la relégation, comme nous le rappellent les associations de lutte contre la pauvreté.

Un changement de méthode : tous autour de la table

Depuis que j’ai pris mes fonctions, je suis au travail avec les associations, les organisations de jeunes, les élus et toutes celles et ceux qui travaillent sur les questions de jeunesse. De ces discussions et de mes rencontres sur le terrain, j’ai acquis la conviction que la transformation passe par une nouvelle façon de faire, un changement structurel de méthode.

L'Etat ne peut pas faire tout seul. Les collectivités non plus. Et que d’énergie perdue à travailler les uns à côtés des autres…

Ce que je propose, c’est de sortir des tours d’ivoire et de coconstruire ensemble : Etat, collectivités locales, associations, partenaires sociaux et jeunes.

Une politique transversale et multidimensionnelle, une dynamique interministérielle : tel est le choix du Premier ministre

D’ici à 2017, nous allons construire une politique de jeunesse intégrée, transversale, et qui concerne toutes les dimensions du passage de l'enfance à l'âge adulte. C’est le sens du travail de coordination interministériel dont le Premier ministre m'a confié la charge, sous son autorité.

Mon rôle : chef d’équipe !

Ma mission n'est pas de faire toute seule mais de faire avec d'autres, à l'intérieur du gouvernement comme à l'extérieur. Ministre en charge de la jeunesse, je serai à la croisée de plusieurs équipes : celle de mon ministère, celle de l’ensemble du gouvernement et celle de la société.

Mon rôle est d’être l’ensemblier de l’action publique en matière de jeunesse.

Réunir les conditions d’une politique jeunesse du XXIème siècle

En faisant de la jeunesse une priorité, en impliquant tous les acteurs, le Premier ministre souhaite que nous allions bien au-delà de l’empilement de nouvelles mesures. Ce qu’il souhaite, c’est que nous nous donnions l’ambition et les moyens de tracer une perspective et que nous créions les conditions d’une politique jeunesse du XXIème siècle : une politique construite avec les jeunes, une politique qui ne minore pas leurs difficultés, une politique qui donne des raisons d’espérer et d’entreprendre, une politique aussi qui soit exigeante avec ellemême et avec les jeunes.

Un 1er rendez-vous en janvier 2013, le Comité interministériel

En janvier 2013, se tiendra un premier conseil interministériel de la jeunesse. Ce conseil se réunira régulièrement sous la présidence du Premier ministre, avec l’ensemble des membres du gouvernement car chaque ministère a vocation à contribuer à cette politique. Ce sera le lieu pour mettre en cohérence l’action du gouvernement, prendre des décisions et piloter cette nouvelle politique jeunesse.

Ce premier rendez-vous sera aussi l’occasion de présenter une adaptation des outils que l’Etat se donne en matière de jeunesse et qui accompagneront efficacement notre action sur le moyen terme.

Une préparation de septembre à janvier

D'ici à janvier, je continuerai le travail de concertation engagé avec les acteurs et structures concernés et mobiliserai, à la demande de Jean-Marc Ayrault, les membres du gouvernement pour préparer
notre feuille de route.

Nous ne partons pas de rien. Beaucoup de choses existent. A nous d’identifier les initiatives qui fonctionnent et de donner le cap.

545 expérimentations innovantes répondant aux besoins prioritaires des jeunes ont été menées dans le cadre du Fonds d’expérimentation pour la jeunesse (FEJ) que mon ministère a piloté et financé. Ces actions ont concerné de très nombreux domaines. Plus de 462 000 jeunes de moins de vingt-cinq ans sur l’ensemble du territoire ont bénéficié des actions soutenues dans le cadre du FEJ :

- 10 000 permis de conduire,

- les colocations solidaires inter-générations,

- le microcrédit,

- la lutte contre les discriminations.

Je mettrai tous ces enseignements à disposition des autres ministères

En décembre, je présenterai le 1er rapport sur l’état de la jeunesse que l’observatoire de la jeunesse, établissement public sous mon autorité, a préparé. Ce rapport sur les inégalités entre jeunes sera
également un outil mis au débat.

Pourquoi suis-je venue en Bretagne pour vous parler de notre politique jeunesse ?
Venir en Bretagne, c’est un choix. Celui d’être au plus près des citoyens. Ce qui se passe tant du côté du groupe Doux que des usines de PSA ne laisse personne indifférent. Le Président de la République et le gouvernement sont particulièrement actifs pour trouver des issues positives. Quels que soient les secteurs et les personnes concernées, notre priorité c’est l’emploi, l’emploi de tous et pour tous.
Je suis ici à Rennes, aussi parce qu’en matière de jeunesse, il y a ici une tradition et une longue expérience de travail collectif au service d'une réelle ambition éducative et sociale. Cette Maison des jeunes et de la culture en est l’illustration : avant d’être un équipement, c’est le carrefour d’une action partenariale entre la
collectivité, le territoire et ses acteurs : publics, associatifs et citoyens.

Ce que j'ai pu voir ici, dans ce quartier, mes échanges avec Daniel Delaveau, Maire de Rennes, Pierrick Massiot, Président de la Région Bretagne et Sylvie Robert, 1ère vice-présidente en charge de la jeunesse, confirment mon intuition. Nous devons prendre appui sur les dynamiques engagées au niveau local comme
régional, et sur la coopération qui s’est nouée entre les acteurs.

C’est là tout le sens de la charte d’engagement pour la jeunesse de la région Bretagne.
Je vais faire d’autres déplacements en France, dans des régions mais aussi à l’étranger, et poursuivre ces rencontres avec toutes celles et ceux qui agissent au quotidien auprès des jeunes.

Des jeunes acteurs du changement

Rien de tout cela ne sera possible sans une association étroite des jeunes à notre travail. Le changement de méthode passe aussi par le « faire avec eux » au lieu du « faire pour eux ». Une des premières décisions que j’ai prises est d’accompagner la naissance du Forum Français de la Jeunesse, qui est né de la volonté des
organisations de jeunes.

Nous accompagnerons ce Forum et sa montée en puissance, à l’image de ce qui se passe dans la plupart des pays européens, car nous avons besoin d’un espace indépendant mais qui accepte de travailler avec l’Etat pour porter la parole des jeunes. Le Forum Français de la Jeunesse sera mon interlocuteur et participera au
premier plan à la co-construction des politiques publiques.

Il y a urgence : notre société ne peut rester indifférente devant le sort fait aux nouvelles générations, elle ne peut se construire avec des générations qui s'ignorent.

Emploi, logement, santé, orientation, formation, etc. sont autant de sujets sur lesquels les jeunes attendent des
réponses. Ils en attendent de l’Etat, des collectivités, des services publics. Ils ne veulent pas qu’on les renvoie les uns vers les autres.

Il y a urgence à répondre et il y a des perspectives à redonner. La jeunesse de notre pays souhaite être autonome, être utile, trouver sa place. Le rôle de l’Etat est de l’accompagner et de lui donner les clés de sa réussite. Donner un cap, porter des espoirs, remettre de l’égalité. C’est l’objectif.
Travailler ensemble, utiliser ce qui se fait de mieux sur le territoire, échanger, coopérer. C’est la matrice.
Une méthode interministérielle, un lien régulier avec tous les acteurs et du temps pour agir, c’est ce que je vous propose aujourd’hui à la demande du Premier ministre.

L’ambition est grande, les attentes nombreuses. Raison de plus pour agir avec méthode, constance et détermination.
Vendredi 14 septembre 2012 tagJEUNESSE | Emploi
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