Mardi 12 juin 2012

Allocution de Valérie Fourneyron à la réunion des DTN au conseil économique, social et environnemental

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Prenant la parole après sa présentation, Valérie FOURNEYRON a tenu à rappeler la priorité accordée à la jeunesse par le gouvernement.

« Je suis d’autant plus heureuse d’être ici, au Conseil économique social et environnemental, que je prends la parole après le Président de la République, qui était dans ces lieux le jour même où est publié un important rapport sur la jeunesse. J’y vois plus qu’un symbole. C’est la marque d’une volonté politique de mettre la jeunesse au coeur de l’action gouvernementale.

La majorité des Français a exprimé cette volonté au cours des derniers mois. Elle trouve sa traduction dans le ministère de plein exercice qui m’a été confié et qui rassemble le Sport, la Jeunesse, l’Education populaire et la Vie associative.

Le Président de la République a rappelé la priorité qui est la sienne : faire en sorte que les jeunes vivent mieux en 2017 qu’en 2012.

Cette nécessité est rendue d’autant plus impérative que les chiffres sur la réalité de la jeunesse d’aujourd’hui sont brutaux. Rappelons-le : 150 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans qualification. 20% des 16-25 ans vivent en dessous du seuil de pauvreté. 13% n’ont ni emploi, ni formation. Enfin, un jeune sur six n’a pas de complémentaire santé.

Le constat est dramatique : la précarisation de la jeunesse n’a fait que croître au cours des dernières années et, parallèlement nous voyons de plus en plus de jeunes dont l’autonomie est réduite et qui doivent revenir à la charge de leur famille.

Notre devoir est d’assurer aux jeunes l’accès à tous leurs droits sociaux et d’oeuvrer à leur extension. C’est bien là le sens de vos réflexions.

Nous savons que nous ne redresserons pas le pays sans la jeunesse. Ce que nous devons à la jeunesse, c’est lui permettre de se former, d’accéder à un emploi en lien avec sa formation, de se loger, de se soigner, de se construire et de construire son indépendance. La tâche ne sera pas facile. C’est pourquoi j’ai une certitude : nous avons besoin de la mobilisation de toutes et de tous. Pour cela, dès mon arrivée au ministère, j’ai souhaité recevoir la Conférence permanente des coordinations associatives, le mouvement sportif français, le comité pour les relations nationales et internationales pour les associations de jeunesse et d’éducation populaire, les initiateurs de l’appel pour un Big Bang des politiques jeunesse, et les représentants d’organisations de jeunes qui s’apprêtent à lancer un forum français de la jeunesse, sur le modèle de ce qui se passe dans de nombreux pays européens.

J’ai aussi rencontré de nombreuses personnalités engagées en faveur de la jeunesse dont le Président du groupe des associations de votre assemblée. J’ai entendu le message que tous m’ont porté.

Associer les acteurs à la construction des politiques publiques qui les concernent, prendre le temps de la concertation, c’est la méthode du gouvernement et c’est aussi la mienne.

J’entends m’appuyer pleinement sur vos travaux pour nourrir les réflexions et les décisions gouvernementales. Je suis ici aujourd’hui en tant qu’invitée mais je prends l’engagement de revenir devant vous régulièrement pour des moments d’échanges.

D’ores et déjà, certaines de vos propositions vont nourrir mes réflexions. Je pense notamment à l’avis sur la mobilité des jeunes, présenté par Jean-François Bernardin, à celui sur l’emploi des jeunes, préparé par Jean-Baptiste Prévost, qui sera examiné le 28 septembre et aussi à celui que vous préparez sur le logement autonome des jeunes, qui sera présenté par Claire Guichet.

L’avis que vous examinez aujourd’hui, porte sur l’accès des jeunes aux droits sociaux. C’est un sujet majeur. Je partage pleinement votre souhait de rompre avec cet empilement de dispositifs plus ou moins coûteux, plus ou moins lisibles, plus ou moins efficaces qui ont servi de politique de la jeunesse ces dernières années. Ces dispositifs, que vous qualifiez à juste titre de ‘millefeuille’, sont si compliqués qu’ils constituent eux-mêmes de véritables obstacles entre les jeunes et leurs droits sociaux !

Ma volonté est de mettre en cohérence et d’assembler les politiques en faveur de la jeunesse. Ainsi, chaque fois que le législateur prendra des mesures, le ministère dont j’ai la charge sera au rendez-vous pour évaluer leur impact sur la jeunesse. Ainsi, j’ai proposé au Premier ministre de réunir, sous sa présidence, le Conseil interministériel de la jeunesse, instance de coordination et d’impulsion d’une véritable politique globale et transversale en faveur des jeunes, qui ne soit pas une simple juxtaposition de mesures portées par différents ministères. Et je souhaite associer les collectivités à notre combat afin que les dispositifs en faveur de la jeunesse ne soient plus inégalitaires.

Ce que les jeunes veulent, ce n’est pas l’assistance, mais l’autonomie et la construction de leur indépendance. Faisons-leur confiance ! Aujourd’hui, ce n’est pas pour eux mais bien avec eux que nous construirons les nouvelles politiques publiques, que nous construirons leur l’avenir, que nous construirons l’avenir de notre nation. »
Mardi 12 juin 2012
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